
A l’occasion de la saison des playoffs (éliminatoires du championnat de football américain) qui culmineront le 5 février prochain avec le Superbowl, Tim Tebow ne passe pas inaperçu. Ce géant de 1m91 et 107kg est présenté par les médias comme étant «le phénomène de l’année», non seulement pour ses exploits sportifs et ses passes imprévisibles, mais également pour sa foi fervente qui fait des émules. A tel point que Corine Lesnes, journaliste au quotidien français Le Monde, lui consacre un article où elle le dépeint comme un «missionnaire du ballon».
«Evangélique, Tim Tebow affiche sa foi au milieu du stade. Devant 40 000 spectateurs et 45 millions de téléspectateurs, harnaché comme un gladiateur, cerné par les pom-pom girls, Tim Tebow met un genou à terre, et prie, tête baissée, façon Penseur, de Rodin, même si ce n'est pas son menton qui repose sur sa main, mais son front. La scène ne dure que quelques dizaines de secondes, mais comme il lui arrive aussi de faire des miracles - toujours in extremis, dans le dernier quart d'heure -, elle a pris une dimension mythique», rapporte-t-elle sur ce sportif dont le père était un missionnaire baptiste aux Philippines.
Un survivant de l’avortement
Timothee Tebow aurait pu ne jamais exister, car lorsque sa mère était enceinte, elle a contracté une maladie qui a poussé les médecins à la conseiller d'avorter. Fort heureusement, bien ancrée dans sa foi en Dieu, sa mère a refusé de pratiquer cet avortement. Et bien des années plus tard, en guise de remerciement, celui qui est devenu un phénomène incontournable du football américain a tourné une publicité anti-avortement, qui a été diffusée avant le Superbowl 2010 et au sein de laquelle il regarde tendrement sa mère dans les yeux en lui déclarant : «Thank you Mom» («merci maman»).
Lorsqu'il n'est pas sur le terrain, Tebow se rend régulièrement dans les prisons pour y prêcher l'Evangile. Pour lui, son action missionnaire est «plus importante» qu'un événement sportif, car Jésus lui a donné «une plate-forme» et «le football n'est qu'un moyen, pas une fin !». Ambassadeur du Christ, il n’a pas hésité à affirmer, devant un parterre de journalistes, qu’il respectait l’enseignement biblique en pratiquant l’abstinence sexuelle jusqu’à son mariage.
Enfin, la journaliste du Monde raconte une ultime anecdote : «Quand il jouait avec les Gators, l'équipe de l'université de Floride, il avait l'habitude d'inscrire un verset de la Bible (Jean 3 v16) sur ses eye black, les ombres noires que se peignent les joueurs sur les joues pour éviter les reflets. (...) Ce dimanche 8 janvier, alors que les Broncos essayaient de se qualifier contre un adversaire plus que coriace, les Steelers de Pittsburgh, Tebow a fait merveille à la passe, et même marqué lui-même. (…) A la fin de la partie, quand la Ligue a publié les statistiques, même les agnostiques ont été épatés. Le score total de Tebow était de 316. Et il avait réussi en moyenne 31,6 yards par passe. Comme le verset biblique, oui. Jean 3, 16. Encore une coïncidence à tomber à genoux...»
Paul OHLOTT