
Rattaché au parti socialiste et fraîchement élu à la députation, Philipp Hadorn n'a pas choisi la politique pour manier la langue de bois. Ce fervent protestant évangélique de 43 ans réclame un enseignement alternatif à la théorie darwinienne dans les écoles et s'oppose catégoriquement à la libéralisation des drogues, à l'euthanasie, à l'adoption par les couples homosexuels, ainsi qu'à l'avortement.
nterviewé par le journal «20 Minuten», il explique notamment qu'il est créationniste et qu'il souhaite que «dans les programmes scolaires, le darwinisme ne soit pas la seule théorie à avoir sa place, mais qu'on enseigne aussi l'explication biblique de la création du monde et des espèces». Et face aux critiques, il refuse de «se laisser cataloguer de fondamentaliste», car il affirme simplement plaider pour le «respect de ceux qui pensent autrement».
Dérangé par l'audace et le profil atypique de ce député, le président des jeunes socialistes, David Roth, a déclaré qu'il n'était «pas acceptable que l'un de [leurs] conseillers nationaux» puisse «remettre en cause l'avortement, qui est soutenue par le parti depuis des décennies». Pour sa part, le conseiller national Hans-Jürg Fehr lui a conseillé de garder ses opinions dans le domaine de «la foi privée».
Cependant, loin de se laisser démonter, Philipp Hadorn explique qu'il ne s'est pas trompé de parti politique. Dans une interview accordée au site Jesus.Ch, il confie qu'il n'a jamais souhaité rallier des partis comme l'UDC ou l'UDF, car il ne comprend pas que des chrétiens puissent s'inscrire dans «des mouvements qui font la politique du grand capital, plutôt que celle des petites gens».
Paul OHLOTT